404 R Meeûs d’Argenteuil (de) (2004, 157).
Je suis un descendant du couple Adrien Meeûs x Marie-Magdelaine.
Leur fils Pierre Joseph de Meeûs (1793-1873) joua un rôle important dans la vie politique du tout jeune royaume de Belgique, fondé en 1830. Président de la Cour des Comptes, c’était un familier du roi Léopold Ier. Il fut contraint par ses parents d’épouser une jeune fille qu’il n’aimait pas, Thérèse van der Meulen, qu’il quitta immédiatement pour vivre, en 1838, avec celle qu’il aimait, Louise-Esther Lavallée qui avait seize ans, donc vingt-neuf ans de moins que lui qui en avait quarante-cinq.
à la mort de son épouse officielle, en 1851, il épousa enfin celle qui lui avait déjà donné sept enfants et dont le nom devint Louise-Esther Lavallée de Neven, ° 24 avril 1822, † 11 mars 1869. à son patronyme fut adjoint un nom de terre, celui de «Neven».
D’une famille normande, fille de Pierre-Hyacinthe Lavallée et d’Adélaïde Chéreau, elle portait d’or à trois bandes d’argent, la seconde chargée de trois étoiles du champ. Notons au passage ses armes «à enquerre», c’est-à-dire ne respectant pas les règles héraldiques, puisqu’en l’occurrence un métal est posé sur un autre métal.
Ils eurent seize enfants, dont quatorze ont survécu:
1. Louise-Elisabeth-Madelein-Anne, † Paris 7 mars 1913, mon ancêtre, x Léon (Ier) Allard.
2. Marie-Joseph-Philomène-Agnès-Anne, ° Bruxelles 18 janvier 1840, † Le Mesnil Esnard, Calvados (F) 29 août 1909, x Paris 15 avril 1858 Pierre-Guillaume-Léopold Allard, frère benjamin de Léon Ier.
3. Joséphine-Esther-Marie-Antoinette.
4. Jean-Louis-Marie-Walerand, † jeune 10 mars 1843.
(Je possède une miniature très jolie et émouvante qui le représente sur son lit de mort, paisible).
5. Marie-Julienne-ève-Denise.
6. Henri-Joseph-Pierre-Michel.
7. Marie-Anne-Geneviève-Françoise, ° Paris 21 mai 1852.
8. Jeanne-Marie-Céline.
9. François-Joseph-Hyacinthe-Vincent de Paul Gaëtan, ° Saint-Mandé (F) 21 juillet 1854.
10. Eugénie-Louise-Germaine Cousin, ° Paris 19 mars 1856. Elle x Saint-Mandé 10 juillet 1880 Ernest Charbot, magistrat, † 5 août 1897, dont: élisabeth.
Elle était appelée «Tante Nini»; elle ne daignait avoir de conversation avec personne, si ce n’est avec quelqu’un de la meilleure société.
Ayant contracté un mariage inégal, elle se fit appeler Charbot-Meeûs et portait une moitié de l’écartelé de sa famille: de sable à la chaudière à brasser d’or surmontée de trois étoiles du même rangées en chef.
Il est curieux que la famille ait pu l’appeler «Tante Nini», car elle se donnait plus volontiers le prénom de Germaine qu’elle portait parmi ses prénoms, plus précisément Germaine Cousin, jeune et misérable bergère française du pays toulousain, ° vers 1579, † 1601, canonisée en 1867 et pour laquelle sa mère, mon ancêtre Louise-Esther, avait une grande vénération; j’en ignore la cause, mais il y en a sans doute une précise.
11. Marie-Jean-Estienne-Joseph (II)-Louis-Léon, ° 1857; on le trouve en 1890 lieutenant au 2ème Régiment de Chasseurs à cheval belges puis instructeur de cavalerie à l’école militaire de Bruxelles, en 1892.
12. Anne-Marie-Joséphine-Esther, ° 1858, † Paris 9 avril 1922).
13. Pierre-Paul-François de Borgia, ° Bruxelles 10 octobre 1860, ingénieur, directeur de la Société du Gaz et Eaux de Cherbourg, x Saint-Mandé 14 juin 1892 Suzanne Bougleux, ° Saint-Mandé 18 août 1874, fille de Jacques-Edmond et de Constance-Julie Leroux. Les Bougleux portent: d’or au chevron de gueules accompagné de 3 bouclettes du même; au chef d’azur chargé de 3 fleur-de-lis du champ.
14. Anna-Josèphe-Marie-Henriette.
Louise-Esther Lavallée de Neven, épouse de Joseph de Meeûs, mourut donc en 1869, à quarante-sept ans, avant son mari, pourtant de vingt-neuf ans plus âgé qu’elle, qui s’éteignit quatre ans plus tard, en 1873, à quatre-vingts ans. Elle s’épuisa à soigner trois enfants menacés par une épidémie qui avait envahi sa propre maison. Sur son image mortuaire, ses enfants écrivirent:
«Le 11 février, notre mère succomba aux fatigues de ses veilles et de ses soins pour nos sœurs Jeanne et Esther et pour notre frère Joseph, atteints depuis près d’un mois mais sauvés d’une fièvre épidémique alors régnante. Les premières apparences du mal semblèrent peu menaçantes et les médecins ne voyaient qu’une maladie sans malignité.
Le 3 mars, elle pria notre père, qui ne la quittait pas un instant, de demander une visite du révérend abbé, leur confesseur. Celui-ci vint et engagea la malade à recevoir par dévotion le saint viatique et l’extrême-onction.
Personne en ce moment ne la regardait comme en danger d’une fin prochaine. Mais ses forces s’épuisant de plus en plus, nos alarmes ne tardèrent pas et nous appelâmes nos sœurs et notre frère aîné, demeurant en France.
La fin de cette précieuse vie eut lieu en présence du Révérend Curé de la paroisse, qui ne cessa de prier auprès de la mourante et de l’encourager à ses derniers moments, qui arrivèrent sans agonie et comme un sommeil paisible, à 9 heures 45 minutes du soir, le 11 mars 1869.
Nous entourions tous, avec notre père, le lit de cette vénérée mère lorsqu’elle fut enlevée à son amour et à l’amour de ses enfants».
Y.M. A de B.
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